DE GUICHE (criant):
Mais non ! Je veux. . .

CYRANO:
Savoir comment j'y suis monté.
Ce fut par un moyen que j'avais inventé.

DE GUICHE (découragé):
C'est un fou !

CYRANO (dédaigneux):
Je n'ai pas refait l'aigle stupide
De Regiomontanus, ni le pigeon timide
D'Archytas !. . .

DE GUICHE:
C'est un fou,—mais c'est un fou savant.

CYRANO:
Non, je n'imitai rien de ce qu'on fit avant !
(De Guiche a réussi à passer et il marche vers la porte de Roxane. Cyrano le suit, prêt a l'empoigner):
J'inventai six moyens de violer l'azur vierge !

DE GUICHE (se retournant):
Six ?

CYRANO (avec volubilité):
Je pouvais, mettant mon corps nu comme un cierge,
La caparaçonner de fioles de cristal
Toutes pleines des pleurs d'un ciel matutinal,
Et ma personne, alors, au soleil exposée,
L'astre l'aurait humée en humant la rosée !

DE GUICHE (surpris et faisant un pas vers Cyrano):
Tiens ! Oui, cela fait un !

CYRANO (reculant pour l'entraîner de l'autre côté):
Et je pouvais encor
Faire engouffrer du vent, pour prendre mon essor,
En raréfiant l'air dans un coffre de cèdre
Par des miroirs ardents, mis en icosaèdre !