DE GUICHE (fait encore un pas):
Deux !
CYRANO (reculant toujours):
Ou bien, machiniste autant qu'artificier,
Sur une sauterelle aux détentes d'acier,
Me faire, par des feux successifs de salpêtre,
Lancer dans les prés bleus où les astres vont paître !
DE GUICHE (le suivant, sans s'en douter, et comptant sur ses doigts):
Trois !
CYRANO:
Puisque la fumée a tendance à monter,
En souffler dans un globe assez pour m'emporter !
DE GUICHE (même jeu, de plus en plus étonné):
Quatre !
CYRANO:
Puisque Phœbé, quand son arc est le moindre,
Aime sucer, ô bœufs, votre moëlle. . .m'en oindre !
DE GUICHE (stupéfait):
Cinq !
CYRANO (qui en parlant l'a amené jusqu'à l'autre côté de la place, près d'un banc):
Enfin, me plaçant sur un plateau de fer,
Prendre un morceau d'aimant et le lancer en l'air !
Ça, c'est un bon moyen: le fer se précipite,
Aussitôt que l'aimant s'envole, à sa poursuite;
On relance l'aimant bien vite, et cadédis !
On peut monter ainsi indéfiniment.
DE GUICHE:
Six !
—Mais voilà six moyens excellents !. . .Quel système
Choisîtes-vous des six, Monsieur ?
CYRANO:
Un septième !