Et c’est dans votre cour que j’en viens d’accoucher !

Les vers de d’Urfé servirent au succès de l’Astrée. Il sema tout son roman de petites pièces écrites dans le goût du temps. Il ferait beau voir que l’on puisse être amoureux sans rimer !… Et ces bergers, dès qu’ils ont un chagrin ou une joie, vite vont l’écrire sur l’écorce d’un arbre, en vers. Il fallait par-ci par-là, des madrigaux : d’Urfé ne prend guère la peine de les amener ; il sait qu’après quelques pages de prose on attend un peu de poésie, et tout bonnement, il arrête le récit pour dire :

« Et sur ce sujet, un jour qu’il fut prié de chanter, il dit de tels vers… »

Ou bien :

« Après qu’ils furent séparés, Alcippe grava de tels vers sur un arbre… »

La plupart de ces vers sont déplorables, il faut le dire. Mais dans le nombre on en peut noter quelques-uns de jolis. En voici quatre que nous citons pour leur coupe toute moderne, un je ne sais quoi qui rappelle les vers de M. Sully Prudhomme :

Quoique l’Espérance soit morte,

Désir, pourtant tu ne meurs pas !

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Le désir me demeure en l’âme,