Un char de foin a l'air d'une meule qui marche.
Deux bœufs trament ce char, et, de leur front têtu,
Ils poussent en avant, les cornes abaissées;
Chacun d'un tablier de toile est revêtu,
Qu'on voit en bas frangé de ficelles tressées.
Cette frange descend sur leurs genoux noirauds
Pour éloigner, pendant les chaudes matinées
Où des bourdonnements s'échappent des sureaux,
Le harcèlement bleu des mouches obstinées.
Ils avancent, coiffés de peaux d'agneaux, les bœufs,