—Laquelle?
—La grâce de cet homme qu'on va fusiller.
—Tu sais qu'il a tué.
—Je sais aussi qu'il porte sur sa poitrine une croix qui lui a été donnée par notre maître et notre père spirituel le tzar. Il ne faut pas que cet homme meure; le moment n'est pas loin où, dans le Tsernogore, on aura besoin de braves comme lui.»
Nous devons à l'obligeance d'un voyageur qui arrive du Monténégro la communication d'un journal inédit auquel nous empruntons les détails qu'on vient de lire. Le vladika ne put refuser aux instances du colonel la grâce du meurtrier.
Aussitôt que cette nouvelle se fut répandue, la foule fit retentir l'air de ses acclamations: «Vive la Russie! vive le tzar! vive notre père!»
Kovalevski avait parlé d'un moment peu éloigné où le besoin des braves se ferait sentir au Monténégro. Nous avons eu le mois dernier l'explication de ces paroles.
Maintenant laissons parler le journal de notre voyageur.