Le musée renferme des poteries antiques, des vases et instruments de bronze, quelques inscriptions, une tête de Jupiter olympien, une statue d'Esculape et une figure, malheureusement mutilée de Vénus, qui passe avec raison pour une des bonnes productions du ciseau grec.

Le sol de Syracuse a été beaucoup moins favorisé que celui d'Agrigente, quant à la conservation des monuments de l'antiquité. Cependant de précieux et imposants débris s'y offrent encore à la vénération du voyageur: il faudrait un long espace pour les décrire.

De Syracuse à Catane. — Lentini. — Catane.

De Syracuse à Catane, on rencontre les ruines d'Hybla-Mégara, les monts Hybléens, jadis célèbres par l'excellente qualité de leur miel, la presqu'île de Magnisi, la ville d'Agosta, celle de Mellili, où l'on cultivait autrefois avec succès la canne à sucre, et Carlentini, petite ville d'où l'on voit le lac de Lentini, le plus étendu de toute l'île.

La ville de Lentini (Leontium), située sur des escarpements, passe pour la plus ancienne de la Sicile. Sa population est d'environ 7 000 habitants. Les grottes sépulcrales y sont très-communes. On récolte à Lentini du blé, de la soude, du réglisse, et l'on y fait d'excellent vin.

Après le passage du fiume della Giarretta, l'ancien Simèthe, dont le lit, à l'embouchure, abonde en ambre jaune, on se trouve dans une plaine immense que la mer borde d'un côté, et que dominent de l'autre les cônes des monti Rossi et de l'Etna.

C'est entre le volcan et les flots que s'élève Catane.

Le voisinage de l'Etna a été plusieurs fois funeste à cette ville. Le tremblement de terre de 1693 a fait périr 18 000 individus; ceux de 1783 et de 1828 ont ruiné les habitations et les édifices publics. Aussi Catane est-elle d'une régularité parfaite. Elle est coupée en quatre parties égales par des rues disposées en croix et pavées de grandes dalles de lave; ses places sont spacieuses, ses maisons bien bâties, et, dans les principales voies, sur des plans uniformes.

La population est de 56 000 âmes. Le port est peu étendu; une petite rivière, l'Amenano, venant de l'Etna, et passant sous la ville par des conduits de lave, s'y jette dans la mer. On fabrique à Catane des étoffes de soie estimées, de petits objets en ambre jaune, et de jolies figurines en argile cuite et peinte; les habitants font un assez grand commerce de laine, de cuir, de blé, de soufre, de vin, qui est excellent, et de neige de l'Etna, dont ils approvisionnent Naples et même l'Italie.

À Catane, comme dans la plupart des villes de la Sicile, la vie est généralement retirée; on se visite peu, et l'on ne se réunit guère. Les grandes distractions sont la promenade du soir, la passegiata, qui se fait sur le quai deux fois la semaine, vers neuf heures, et dure quelquefois jusqu'à minuit; les prises d'habits, pour lesquelles on prodigue le luxe et les collations, et les processions, surtout celle de sainte Agathe, patronne de la ville, qui sont encore plus bruyantes qu'à Palerme.