—Et pourquoi pas si le pistolet tue, et si l'épée transperce?
—Oui, mais vous avez vu comment il ajustait une balle, ce luron-là!
—En ce cas, je lui mettrai du fer sur la poitrine, et non du plomb dans la tête.
—Je ne vous conseille pas d'avoir recours à ce dernier moyen; il passait, dans la marine militaire où il a servi, pour une des meilleures et des plus redoutables lames.
—Alors on prend deux pistolets; on en charge un et on lui crie: Pair ou non; ta vie ou la mienne est dans ma main, écrite en caractères rouges de sang, sur le nombre que tu vas compter!
—Belle chance! avec un diable comme lui, qui gagne toujours à tous les jeux de hasard.
—Eh ma foi! au surplus, s'il est impossible de le combattre à chances égales avec les armes connues, je l'assassinerai; oui, je l'assassinerai, moi!
—Et l'on vous pendra ensuite.
—Et quel mal y aurait-il donc pour la victime, à être pendue après avoir vengé son honneur dans le sang de l'oppresseur? Je voudrais bien savoir où serait le déshonneur, et vous m'obligeriez sensiblement si vous pouviez vous-même me le dire?
—Le déshonneur ne serait pas dans la vengeance, mais dans l'assassinat, et l'opprobre de la mort dans la lâcheté du crime.