—Qui? ma maîtresse?

—Non, ton épingle.

—Eh bien! S. M. ne l'aura pas. Mais voici une bague où elle trouvera aussi un portrait qui en vaut bien un autre.

Je n'avais pas encore donné la bague au courtisan, que le roi s'écria,
en jetant les yeux sur la petite miniature du chaton: Nabolone!
Nabolone! ô Nabolone!
et il baisa à plusieurs reprises le portrait de
Napoléon.

L'interprète me demanda ensuite si je n'avais pas d'antres images représentant le grand Gacigou de France. Je lui répondis que je n'avais que des portraits de Louis XVIII.

A ce mot de Louis XVIII, la figure de S. M. se contracta vivement, comme pour exprimer un sentiment de dégoût; puis j'entendis sortir de sa bouche auguste cette exclamation très-distincte:

Lououis Zuit pas, no, no potate, patate[3]!

[Note 3: Tous ces détails sont historiques, et j'ai lieu de croire que la vérité du fonds fera excuser la vulgarité de la forme.]

Je saluai S. M. avec un sourire respectueusement approbatif. Le drogman me prévint qu'on allait verser du poison dans un verre, et que S. M. m'inviterait à l'avaler, pour prouver la confiance, que j'avais en elle.

Du poison en poudre, dont l'acrimonie m'affecta péniblement l'odorat, parut être en effet jeté dans une coupe d'argent remplie de vin de palme: je pris fièrement le breuvage, et, plein de confiance, je l'avalai d'un trait. Après quoi les grands officiers de la couronne se mirent à rire aux éclats au tour qu'ils avaient cru me jouer: ils m'entourèrent tous en dansant. Le roi descendit solennellement de son fauteuil; on m'annonça que j'étais agréable à Pepel, et la farce d'introduction se trouva jouée.