Bientôt je le serai comme eux !

Ah ! que les…

— Non, merci, messieurs, je ne me sens pas maintenant d’humeur à faire des folies.

— Et pourquoi donc, notre ami ? Explique-nous un peu comme quoi tu ferais plutôt le philosophe que nous, ce soir ?

— Pourquoi !… Parce que ce matin il m’est arrivé quelque chose qui m’a laissé dans l’âme une impression de tristesse dont je n’ai pu encore me débarrasser…

— Et à quelle occasion, une impression de tristesse ? Écoutez bien, messieurs ; ceci paraît plus grave qu’on ne le pense peut-être. Voyons, raconte-nous ton impression, mon ami, cela nous amusera.

— Non, cela ne vous amusera pas, attendu que je ne vous raconterai rien.

— Alors il ne fallait pas nous parler de ton impression de tristesse.

— Si j’en ai parlé, c’est parce que vous m’avez questionné. Mais je ne puis rien vous dire, au reste. Je craindrais d’ailleurs, en vous entretenant de ce qui m’est resté de pénible dans l’esprit, d’altérer l’excessive gaîté de mademoiselle Juliette. Continuez par conséquent à danser, et laissez-moi tranquille.

Juliette baissa les yeux, et prit un air pensif… Mais un des danseurs, sans trop remarquer ce que je venais de dire et sans faire attention à la contenance embarrassée de notre jeune personne, s’écria en tirant l’orpheline par la main : Et laissons-le ce bourru puisqu’il n’est pas en train de s’étourdir avec nous !