— Non ; si l’on met le feu, c’est moi qui sauverai Juliette.

— Non, ce sera moi.

— Non, c’est moi qui veux la sauver, cette chère enfant ; mais, en attendant, buvons vite notre punch, pour casser ensuite les bols et la table.

— Buvons ! oui, buvons tout, mes amis !… Juliette, ma fille, viens m’embrasser encore une fois… Embrasse-moi là ; mais aussi tendrement que tu le pourras…

— Juliette, embrasse-moi aussi, ma bonne et tendre amie !

— Mais, messieurs, je vous embrasserai tous, tant que vous voudrez ; mais j’ai une prière à vous faire, et vous ne me refuserez pas ce que je vais vous demander.

— Voyons, parle, âme de ma vie. Tu sais bien qu’aujourd’hui nous sommes trop faibles pour avoir quelque chose à te refuser. Que demandes-tu, belle odalisque ?

— Que par amitié pour moi, vous ne brûliez pas la maison.

— Messieurs, vous venez d’entendre la réclamation de notre suppliante amie ? Etes-vous d’avis d’y faire droit, et de ne pas incendier la case, par égard pour elle ?

— Oui, oui ! Suspendons l’exécution. Du punch, du punch ! Plus on en boit, et plus on en a soif !