—Des pilotes d'Ouessant.

—Ah! oui, des pilotes en cheveux mal peignés, en sabots crottés et le reste. Nous connaissons ça. Et que voulez-vous? Boire un coup? on vous en donnera deux. Fumer une pipe? vous en fumerez quatre et non pas sans tabac encore. Mais enfin qu'y a-t-il pour votre vilain service?

—Nous voudrions parler au capitaine, dit Cavet.

—Pas moyen, pour le quart d'heure, mon ancien, vu que notre capitaine est comme un anglais (est soûl).

—Et le second?

—Hors de combat aussi.

—Mais puis-je au moins parler à un des lieutenants?

—Les lieutenants ne peuvent pas dans le moment actuel te donner audience, attendu qu'ils dorment comme des bûches qu'ils sont, pour leur propre compte et celui de l'armateur. C'est moi qui suis le plus à jeûn de tout l'équipage et de l'état-major.

—Oui, et encore vous êtes joliment bituré, vous! s'écrie l'équipage.

—Mais c'est égal; j'entends bien les raisons des autres, quand je suis paff, et que je ne peux plus parler couramment. Parle, petit pilote; mais parle vite, si tu veux commencer à ne pas m'embêter.