—Contre deux navires espagnols, qu'il a incendiés et coulés.

—Qu'a-t-il fait des prisonniers?

—Rien: il ne fait jamais de prisonniers, vous savez bien.

—Oh! le vaillant capitaine que ce Rodriguez! Gloire à Rodriguez! C'est le pourvoyeur de notre république. Des couronnes à lui, le triomphe pour Rodriguez! Vive le capitaine de l'Albatros!

Le Libérateur l'embrasse, le peuple le porte en triomphe. On couvre de fleurs et de lauriers le cadre dans lequel on débarque Mosquita blessée, toute rayonnante, toute émue de la gloire de son amant.

—Où va loger l'illustre capitaine, l'honneur de la marine colombienne? Le Libérateur a dit de porter ses effets dans l'hôtel du gouvernement.

—Oui, mais moi je veux qu'on les porte dans l'ancienne maison que j'habitais.

—Quoi! dans la case de Mosquita?

—Justement; c'est là que j'ai été heureux et tranquille quelques jours; ce sera mon palais.

—Oh! le brave et digne capitaine! C'est cela un homme courageux et simple, comme il en faudrait mille à la république!