FIN DU PREMIER VOLUME.

NOTES.

PAGE 4, LIGNE 3.

[1] Les événemens qui signalèrent en l'an X la reprise de la Guadeloupe insurgée, mirent en présence ces deux noms célèbres, que j'ai associés de nouveau dans la première page de mon livre qui n'ajoutera malheureusement, ni un fleuron de plus à leur célébrité, ni un souvenir de plus aux souvenirs honorables qu'ils ont laissés.

Ce fut au général de division Richepanse, que le premier consul confia pendant la petite paix la mission de réduire cette île, la seule possession d'outre-mer qui, avec St.-Domingue, résistât à la nouvelle organisation coloniale décrétée par le gouvernement de la métropole. Un homme de couleur, nommé Magloire Pélage, voulant s'élever, dans son pays, au rôle que remplissait alors avec un certain éclat, Toussaint-Louverture au cap Français, s'élança à la tête des nègres et des mulâtres pour repousser la constitution consulaire qui leur avait fait espérer la liberté et qui ne leur rapportait que l'esclavage dont ils s'étaient affranchis. Le contre-amiral Lacrosse, gouverneur-général de la colonie attaquée par les rebelles, fut obligé d'abandonner le champ de bataille à l'insurrection victorieuse, et d'aller chercher un refuge dans l'île anglaise de la Dominique… A la nouvelle de cet événement, Richepanse partit de Brest avec sa petite armée expéditionnaire, sur une division commandée par le contre-amiral Bouvet, et débarqua à la Guadeloupe pour soumettre et punir les révoltés dans lesquels le premier consul n'avait voulu voir que des coupables à châtier, et non des hommes égarés avec qui le gouvernement pût s'abaisser à parlementer.

Le débarquement des troupes françaises s'exécuta sous le feu mal servi des batteries de la Basse-Terre. Un corps de noirs commandé par Pélage tenta de s'opposer à la descente: il fut culbuté, dispersé, et les débris de cette bande d'insurgés inaguerris allèrent se jeter dans un petit fort où, cernés de toutes parts, ils se firent sauter avec la poudre qu'ils avaient tenté trop inutilement d'employer à la défense de leur cause et de leur patrie. La Guadeloupe se rendit à discrétion, après cette vaine résistance, au général en chef, et la soumission de Pélage fut bientôt annoncée en France, comme un événement important et décisif pour l'avenir des Antilles. Telle fut l'élévation fugitive et la chute subite de ce mulâtre, qui, pendant l'insurrection dont il était devenu l'âme et le cœur, aurait pu tracer en caractères de feu et de sang, la date de son passage éphémère au pouvoir, et qui sut arrêter les excès des siens et respecter la faiblesse des habitans que le sort des armes avait mis en sa puissance. Magloire Pélage, dont on aurait déjà oublié le nom à la Guadeloupe, si ce nom n'avait rappelé que du sang ou de l'ambition, a laissé de lui des souvenirs remarquables que l'histoire traditionnelle du pays s'est plue à recueillir, parce que cet homme fut autre chose qu'un insurgé ridicule et qu'un rebelle vindicatif.

Le général Richepanse, que tant de combats avaient épargné en Europe et que tant de gloire environnait déjà, mourut de la fièvre jaune à la Basse-Terre, après avoir fait réintégrer l'amiral Lacrosse dans son ancien gouvernement, et au moment où la colonie française attendait son bonheur de la sagesse du guerrier à qui elle devait sa tranquillité renaissante. Richepanse avait trente-sept ans lorsqu'une mort trop soudaine vint le frapper au sein de toutes les espérances que la patrie avait encore placées en lui. Un des forts de la Basse-Terre prit le nom de Fort-Richepanse, en recevant avec orgueil dans son enceinte le cercueil et la dépouille périssable du jeune et illustre capitaine dont la colonie pleurait la fin prématurée, et dont notre histoire militaire avait depuis long-temps recueilli le noble souvenir.

PAGE 5, LIGNE 8.

[2] Mamzelle Zirou et non pas Giroux, quoique ce nom tout européen de Giroux eût été probablement celui du père de la maîtresse du Café de la Pointe; mais le zozement si naturel aux créoles avait fini sans doute par convertir le nom de Giroux trop difficile à prononcer pour eux, en celui de Zirou, plus doux et plus euphonique.

PAGE 11, LIGNE 19.