[21] On appelle quelquefois un tourlourou, un fort et pesant navire marchand, en raison, sans doute, de l'analogie que les marins ont trouvée entre les tourlourous, sorte de crabbes de terre, et les bâtimens mauvais voiliers qui, comme les tourlourous, paraissent marcher à reculons. On ferait un volume de tous les mots qu'emploient les matelots, pour désigner les bâtimens d'une marche inférieure. Barque, Barcasse, Baille-à-brai, Hourque, Ponton-de-Carêne, Paria, Paliaca, Barque-à-Piment, Bouée, Coffre-à-mort, Corps-mort, Bugalet, Marie-Salope, Crabbe, sont les termes les plus ordinaires dont ils se servent pour exprimer le peu de cas qu'ils font des navires mauvais marcheurs. La marche étant aux yeux des marins la qualité la plus importante que puisse posséder un bâtiment, il n'est pas étonnant qu'ils aient trouvé beaucoup de mots pour donner l'idée du mépris que leur inspirent les navires totalement dépourvus de cette qualité essentielle. On remarquera que la plupart de ces noms sont du féminin.
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[22] Près du petit archipel des Lucayes, composé d'un groupe de cinq cents îlots, on trouve les îles Turquey, que notre habitude de franciser tous les mots étrangers, nous a fait nommer, sans plus de façon, les îles Turques. L'une de ces îles possède une grande saline, d'où elle a tiré son nom, et qui fournit aux caboteurs des cargaisons de sel, au moyen desquelles ils approvisionnent les Antilles. Cette réunion de rochers à peine habités, est devenue fameuse dans l'histoire des découvertes des navigateurs européens. Les plus célèbres parmi les commentateurs des voyages de Colomb, assurent, d'après les conjectures les plus admissibles, que l'île connue sous le nom de la Grande Saline, est la première terre que l'immortel découvreur du Nouveau-Monde aperçut en pénétrant dans les mers de l'Inde occidentale.
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[23] Le loch est un petit appareil au moyen duquel on mesure approximativement la vitesse du navire, en le filant sur l'arrière. Le cordage qui tient au loch, et avec lequel on évalue le nombre de nœuds filés par le bâtiment, pendant la durée de cette expérience, se nomme la ligne de loch.
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[24] Un gabier, depuis long-temps familiarisé avec les détails du service, expliquait ainsi toute l'hiérarchie navale à un petit campagnard nouvellement embarqué sur un navire de guerre: Un vaisseau, vois-tu, c'est comme qui dirait une métairie. Le gouvernement, c'est le propriétaire; le commandant, le fermier; les officiers, les maîtres-laboureurs, et nous, pauvres gueux de matelots, les paysanasses… Comprends-tu, à présent?
—Pas trop encore, répondit le novice.
—Eh bien! navigue dix ans seulement, et ensuite tu pourras comprendre ce que je viens de te dire là.
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