—Et anglais?

—Jamais de ma vie. L'anglais me fait mal aux dents à parler. Mais je parle assez le bon français, et vous aussi, pour nous entendre sur l'article en question et dans la même langue.

—Voudriez-vous, en attendant que j'aie donné des ordres et réveillé mon monde, me faire l'honneur de prendre quelque chose chez moi?

—Oui, je prendrais volontiers l'argent que vous me devez, et qui doit se trouver prêt à être pris d'après les pièces en règle que j'ai pu lire dans les papiers du défunt.

—C'est cela, capitaine Tafia! me dit en me voyant orienter sur ce bord là, le petit Palanquin qui ne me quittait pas plus des yeux que l'ombre de ma personne. C'est cela.—Tenez bon à retour avec cette vieille pelleterie, elle veut vous ensucrer.

La vieille pelleterie répondit:

—Avez-vous éprouvé bien des contrariétés dans votre voyage?

—Pas trop: la seule et la plus refichante, c'est celle de ne pouvoir pas m'arranger avec vous sans perdre de temps et à la douce. Mais où il n'y a pas moyen de s'entendre, il y a au moins toujours moyen de s'arranger. As-tu de l'argent ou non, vieille tripaille? parle vite ou je te démâte du premier coup de mauvaise humeur qui va te tomber sur le sac?

—Cruel homme que vous êtes! taisez-vous, je vous en supplie, reprit-elle, mais sans trembler. Vous ne m'avez pas comprise, et vous osez me menacer!—N'avez-vous donc pas vu que pendant que je causais avec vous, je faisais dans ma tête le calcul de la somme que j'avais à vous compter, pour me délivrer de vos importunités?

—Hé voyons donc, me diras-tu à la fin des fins où est cette somme pour mon dû légitime? Puisque tu le comptes, cet argent, il faut que tu l'aies. Dans quel trou à chien l'as-tu caché?