Perché sur l'arrière de son bateau, du côté de tribord, je vis un nègre lui passer un long porte-voix, et je me préparai à recevoir les questions qu'il voudrait bien m'adresser, ou les communications qu'il lui plairait peut-être de me faire.

Oh! du navire! oh! s'écria le capitaine mon confrère avec un accent que tous mes hommes et moi nous crûmes reconnaître.

—Holà! lui répondis-je sans trop me déranger et sans paraître attacher beaucoup d'importance à ce qu'il allait me dire.

—Comment si nomme lou bastiment!

—Qu'est-ce que cela vous fait?

Le capitaine interrogant, peu satisfait probablement de ma réponse, se mit à se concerter un moment avec ceux de ses gens qui se trouvaient autour de lui.... Puis, après un instant de consultation et d'hésitation, il me cria:

—C'est pour savoir lou nom dé lou bastiment.

—Eh bien! passez à poupe: il est écrit en grosses lettres derrière.

—Mais, c'est qué nous né savouns pas lire à bord!

—Alors, continuez votre route, et laissez-moi tranquille.