Le milord et son compagnon se contentent de rire dans leur barbe de la ruse fort innocente qu'ils ont employée pour s'attirer l'attention et les faveurs des belles du Wauxhall. Ils appellent un des fiacres qui passent sur le boulevart et ils roulent vers leur hôtel.

Ce ne fut que là, en cherchant à savoir l'heure où ils venaient de se retirer, que le capitaine Sautard s'aperçut qu'il n'avait plus sa montre.

M. Laurenfuite se prit d'abord à rire comme un fou de la mésaventure et de la colère de son pauvre ami. Mais celui-ci trouva bientôt moyen de mettre un terme à l'hilarité du mauvais plaisant. Une seule question lui suffit pour cela.

—N'aviez-vous pas votre chaîne en or en entrant au Wauxhall? lui demanda-t-il en ouvrant de grands yeux d'un air moitié étonné et moitié goguenard.

—Parbleu si, lui répondit le subrécargue, et j'espère bien l'avoir encore....

—Pas du tout, mon ami; à moins que cependant vous ne l'ayez mise par prudence dans votre poche.

—Ah! mon Dieu! ma chaîne m'a été volée!

—Et vos bagues?

—Mais il me semble que les voilà....

—Où donc sont-elles? dans vos poches aussi sans doute?