—Son défaut de courage?
—Son défaut de courage, dites-vous, docteur? Mais c'est un lion, et le premier qui viendrait me dire.... Jamais la mer ne peut se flatter d'avoir porté un marin aussi intrépide que ce poulet-là.
—Eh bien! qu'avons-nous donc à lui reprocher? le silence qu'il garde avec nous? Mais si c'est là un moyen d'obtenir ce qu'il est en droit d'attendre de notre obéissance, pourquoi le forcerait-on à nous parler pour nous dire des choses inutiles?
—Vous avez raison, docteur, vous avez mille fois raison, et n'en parlons plus. Notre commandant est ce qu'il nous faut, et, voyez-vous, je ne le changerais pas pour un roi.... Mais causons, si vous le voulez bien, d'autre chose, car il pourrait nous avoir entendus jaser ensemble, lui qui voit tout ce qu'on fait à bord et qui sait tout ce qu'on s'imagine lui cacher.
—Oui, parlons d'autre chose, je le veux bien. Vous ne vous douteriez guère, j'en suis sûr, du motif qui m'a fait monter sur le pont? J'y venais avec l'espoir d'y rencontrer encore le commandant.
—Et qu'auriez-vous fait si vous l'y aviez trouvé?
—Je lui aurais demandé une faveur.
—Et quelle faveur?
—Une faveur qu'il ne m'accordera pas sans doute, mais qui au reste n'est pas pour moi.
—Et pour qui donc est-elle?