Par conséquent, il n’est pas possible, comme on l’a dit, de trouver dans la voûte d’arêtes romaine le germe de l’arc-ogif ou croisée d’ogives dont les fonctions sont essentiellement actives.

C’est dans la coupole de Saint-Front, construite en pierre appareillée, vers le milieu du XIᵉ siècle, et c’est principalement dans les pendentifs de la coupole, construits comme elle en pierre appareillée, qu’il faut chercher et trouver l’origine de l’arc-ogif ou croisée d’ogives.

Fig. 1.—Plan d’une des coupoles de l’église abbatiale de Saint-Front, à Périgueux.

La figure 1 donne le plan d’une des coupoles de Saint-Front; elle se compose de quatre arcs-doubleaux puissants retombant sur quatre piliers reliés par des pendentifs (fig. [2] et [3]), passant des angles rentrants du plan carré de la naissance des arcs au plan circulaire solidement établi, chacune des assises concentriques formant claveau qui réunit les clefs des arcs-doubleaux et reçoit la voûte en coupole qui les couronne; ce système ayant pour effet de reporter la charge des voûtes sur les quatre piles.

La figure 3 est la coupe faite sur un des quatre pendentifs d’une des coupoles de Saint-Front et suivant la ligne A B; elle indique la structure du pendentif dont les cinq ou six premières assises, disposées horizontalement

Fig. 2.—Pendentif (en A) d’une des coupoles de l’église abbatiale de Saint-Front.

et, suivant l’expression technique, en tas de charge, sont taillées suivant les courbes sphériques, le reste des claveaux des pendentifs étant appareillés normalement à ces courbes.

Le voûtement des édifices religieux ayant été la préoccupation constante des architectes du moyen âge et le but de leurs études incessantes, la construction des coupoles de Saint-Front dut être un événement dont le retentissement fut considérable, car, dès la fin du XIᵉ siècle, on éleva un grand nombre d’églises à coupoles qui sont des imitations de l’église mère de Périgueux.