FIG. 159.—ÉGLISE DE SAINT-FRONT. A PÉRIGUEUX.

(Coupe d’un pendentif sur la diagonale A B.)

On trouve, à notre avis, dans la disposition des pendentifs le principe même de la croisée d’ogives, ainsi que l’indique la coupe diagonale sur A B d’une des coupoles de Saint-Front ([fig. 159]).

Mais il faut d’abord dire un mot de la structure des coupoles; elle consiste en une succession d’assises formant des lignes circulaires de claveaux concaves. «Il résulte de cette disposition des assises que leurs éléments usent à s’entretenir la plus grande partie de la force qui les sollicite à tomber; par conséquent, il n’y a qu’une médiocre poussée des rangs supérieurs sur les rangs inférieurs et, en définitive, la coupole ne chasse guère au vide les supports sur lesquels elle est assise[88].» Ce mode de construction a cet avantage, mais il nécessite des massifs énormes pour supporter les coupoles et il ne peut servir qu’à couvrir des édifices ronds ou octogones. Le perfectionnement apporté par les constructeurs du XIᵉ siècle a été d’élever des coupoles sur des espaces carrés à l’aide de pendentifs rachetant le carré et reportant, avec les arcs-doubleaux, la charge des voûtes sur les piles.

Dans ces conditions, les fonctions de pendentifs, appareillés normalement, et celles des croisées d’ogives, appareillées de même, sont identiques, puisque dans tous les cas elles reportent, avec les arcs-doubleaux, leurs poussées et les charges des remplissages des voûtes sur les piles.

Les architectes romans, rompus à toutes les pratiques professionnelles, étaient trop habiles constructeurs

FIG. 160.—ÉGLISE DE SAINT-FRONT, A PÉRIGUEUX.

(Vue perspective intérieure.)