Le plan de San-Pietro-in-Vincoli, à Rome, bâtie vers les premières années du Vᵉ siècle ([fig. 24]), donne l’image de cette disposition caractéristique, qui fut si souvent imitée par les constructeurs du moyen âge.

Les dépendances du sanctuaire étaient formées de constructions basses, appuyées contre les murs du chevet de la basilique et mises en communication avec celle-ci par des portes qui remplissaient le même office que les sacristies modernes. Le nom de ces dépendances a changé selon les temps et les lieux; on a dit: pastophorium, diaconicum, gazophylacium, secretarium, vestiarium, thesaurus. Ces trois derniers termes sont ceux dont l’usage a été le plus répandu; leur place était ordinairement contre le mur de fond, à côté de l’abside ou contre l’abside.

La nef et les bas côtés, formant le corps de basilique, furent les parties qui changèrent le moins; cependant les convenances d’appropriation, par suite des nécessités liturgiques ou bien encore, et le plus souvent, le manque de ressources, ont fait introduire dans ces nefs et dans ces bas côtés des dispositions qui paraissent avoir eu une certaine généralité. Un des changements les plus marqués fut le remplacement des colonnes par des piles, changement plus général à mesure qu’on s’éloigna de l’antiquité, par la raison que les ruines des anciens monuments, exploitées depuis des siècles, ne fournissaient plus de colonnes.

Dans les contrées septentrionales de l’Europe, les colonnes, en pierre ou en marbre, n’avaient point été prodiguées comme en Italie, et il fallait les faire venir à grands frais; lorsque Charlemagne éleva la basilique d’Aix-la-Chapelle, il fut obligé d’envoyer prendre à Ravenne les colonnes et les marbres nécessaires pour décorer sa nouvelle église.

En Italie, les bas côtés des basiliques sont aveugles; mais il n’en était pas de même dans les autres pays, car ils étaient ajourés lorsque la disposition des lieux le permettait. Ordinairement les bas côtés étaient flanqués de bâtiments étroits, divisés en pièces appelées chambres,—cubicula,—qui communiquaient avec l’église par des portes monumentales, ou bien ces chambres étaient l’équivalent de ce qu’on a appelé aussi oratoires ou exèdres, parce que ces réduits contenaient une abside. Les dévots s’y livraient à la dévotion et à la prière; les privilégiés y recevaient la sépulture, ou bien elles servaient de logement à des personnages d’un certain ordre.

Toutes les églises construites dès les premiers siècles de l’ère chrétienne n’étaient pas pourvues de bas côtés, car il est certain qu’on éleva alors un grand nombre de basiliques composées d’une seule nef, comme la plupart des paroisses rurales bâties à l’époque barbare.

C’est l’édifice que les textes du temps de Charlemagne et de ses successeurs désignent sous le nom de capella, chapelle, et ce nom de chapelle a été pendant longtemps celui de toute église de campagne, même paroissiale. Presque tout ce qui nous reste des anciennes constructions religieuses de la Gaule appartient à des chapelles de ce genre.

La façade des basiliques indiquait généralement la coupe de l’édifice, marquant à la base la largeur du vaisseau central et des bas côtés, profilés par deux remparts, entre lesquels montait la nef couronnée par un fronton.

Les portes étaient au nombre de trois et quelquefois de cinq, correspondant aux trois ou aux cinq divisions de la nef; celle du milieu était plus haute que les autres, et à toutes s’appliquait l’épithète de regiæ, royales. Elles étaient fermées par des vantaux de bois richement travaillé, ou de bronze, et munies, à l’intérieur, de portières en étoffes précieuses.

Au-dessus des portes, la façade était percée de fenêtres et, dans le tympan du fronton, s’ouvrait un œil-de-bœuf, dans lequel on pouvait voir l’origine des roses éclairant la nef des cathédrales. Le tympan et le pourtour des fenêtres étaient souvent ornés de mosaïques.