Ensuite il revint, marcha un instant près de Van Marke, côte à côte. Mais le Belge gardait sa mauvaise humeur et, voyant les airs de mépris du jeune Arabe, il l’invectiva froidement et brièvement ; alors le cavalier, le dévisageant, lui dit en français, avec l’accent le plus pur : « Qu’est-ce que c’est ? »

Puis, comme piqué au vif par l’invective de Van Marke, il recommença son manège, mais en se livrant cette fois à des sauts brusques.

Il fit bondir son cheval autour de nous, le fit ruer, se cabrer ; il s’élançait au galop en avant, revenait en arrière, jetait en l’air une matraque qu’il tenait de la main droite et la rattrapait avec une prodigieuse adresse. Son élégante et nerveuse bête pirouettait parfois sur ses jambes d’arrière. La solidité et la tenue de ce jeune indigène arrachèrent une réflexion de froide admiration à son « adversaire » Van Marke.

— En voilà un, dit le Liégeois, qui sait se tenir à cheval.

Après un exercice forcené, l’Arabe laissa celui qui l’avait si mal accueilli et vint marcher près de moi, côte à côte, comme il avait fait la première fois avec mon compagnon.

Oh ! j’avais l’air moins gaillard que ce jeune, mais brillant cavalier, courbé que j’étais sur ma machine, pour gravir la montée.

Je lui adressai des compliments :

— C’est bien, mon garçon, très bien, lui dis-je en souriant, et accompagnant mon sourire d’un geste qui lui indiquait combien j’avais été agréablement distrait par son exercice, ce qui était d’ailleurs l’expression de la plus scrupuleuse vérité.

Lui, entendant mes compliments, se contenta de sourire d’un air très satisfait.

Alors, comme il marchait toujours près de moi, je lui dis encore :