— Joli, ton cheval !
A ces seuls mots, brusquement la physionomie du jeune cavalier s’éclaira et, s’épanouissant dans un sourire de béatitude, il me répondit textuellement, toujours avec un parfait accent et en scandant chacune de ses syllabes :
— Il est à moi.
Et lançant son cheval à nouveau, il disparut.
On arrivait au sommet de la côte. La végétation continuait à être assez épaisse, autour de nous, mais peu élevée. Comme on allait s’élancer en avant à notre tour, Van Marke me dit :
— Regarde donc, un chacal !
A quelques mètres de la route, en avant de nous, il avait montré son nez, mais faisant volte-face aussitôt, il avait disparu, le chacal. Je n’eus le temps que de le voir s’éclipser.
Nous étions à ce moment sur la route de Philippeville. A Saint-Charles, on quittait cette route pour marcher droit vers l’Est, direction de Bône. On déjeuna à Jemmapes, le village fameux par les visites fréquentes que les lions lui rendaient autrefois.
Le vent nous gêna ici et la marche se ralentit. La campagne pourtant était belle encore. Elle se dénuda, bientôt, puis s’embellit à nouveau, à mesure que nous approchions du lac Fezzara.
Un cantonnier, dans la maisonnette de qui on entra pour lui demander de l’eau, nous effraya : « Vous allez à Bône ? dit-il ; vous y arriverez de nuit. Prenez garde, les bois sont dangereux. »