Il s’enfouissait dans les galeries les plus obscures, dans des trous comme une taupe, s’agitait, se trémoussait et rapportait toujours quelque morceau de pierre, ossement, débris de poterie, qu’il faisait immédiatement disparaître au plus profond de ses poches qui s’enflaient à vue d’œil.
De temps à autre, il criait seulement : « Carthage ! Carthage ! Ici Carthage. »
Les parois des galeries étant rendues friables par suite de la grande sécheresse et de la chaleur, j’allai jusqu’à craindre qu’il ne demeurât enfoui dans un de ces souterrains, écrasé par un brusque éboulement.
— Te vois-tu, lui dis-je, bloqué tout à coup sous un amas de décombres, comme un simple Carthaginois !
On dut quitter la place afin de poursuivre notre exploration. Laissant à notre droite, près de la mer, les citernes restaurées, on se dirigea vers le temple de Sainte-Monique.
Des blocs disséminés sur la surface que le temple occupait : des fûts de colonnes, des chapiteaux, morceaux de marbre blanc avec des bouts de sculpture ; débris de frise, architraves, blocs énormes parfois, que Van Marke, dont l’agitation augmentait, essayait d’ébranler.
— Comment n’emporte-t-on pas ces marbres, demandai-je à notre guide ? Nul gardien ici. Ce serait facile, assurément.
— Personne n’y songe, répondit-il.
D’ailleurs, ces marbres n’ont qu’une valeur des plus relatives, et puis les enlever serait un travail qui n’échapperait pas aux Pères chargés des fouilles.
Van Marke, lui, criait maintenant :