La nuit arrivait. Les lueurs automnales rougissaient la vaste basilique, dont la taille dominait tout et qui semblait dire : « Si la mosquée d’Omar s’est bâtie à Jérusalem, annonçant le recul des armées du Christ et de toute civilisation, je me suis élevée, moi, sur cet ancien pôle du monde, et c’est ainsi que peu à peu, monuments évangéliques, nous reviendrons, après la conquête de l’Univers, vers notre berceau, notre premier Éden. La voix de Jésus a pu s’affaiblir dans la ville de Juda ; c’est parce qu’emportés sur les ailes de l’espace et du temps, ses échos sont allés retentir à travers les générations nouvelles. Mais quand ses échos auront frappé tous les cœurs des hommes, la voix, reprenant sa force et son autorité primitives, retentira de nouveau dans la Jérusalem, délivrée, et ce sera la fin. »
Maintenant le soleil se noyait dans les vapeurs roses des montagnes et l’ombre peu à peu commença à monter de la terre.
Notre guide nous dit : « Nous avons encore du temps devant nous, continuons notre marche. » On arriva près de la nécropole. Elle date de l’époque chrétienne.
Les tombes étaient extrêmement nombreuses et rapprochées. Des herbes sauvages grimpaient, embrassant les stèles, les pierres tumulaires, passant à travers les blocs à jour. Tandis que je m’étais assis sur un tombeau pour me reposer quelque peu, Van Marke se heurtait contre les monolithes dans son affolement de trouver un souvenir à emporter. Mais ce n’étaient que des morceaux massifs et lourds. Il chantait maintenant en répétant : « L’Algérie ! La Tunisie ! Carthage ! Je veux emporter Carthage ! »
La nuit était venue ; une nuit claire, transparente et bleue.
Notre guide nous annonça : « Allons voir l’amphithéâtre découvert récemment, les arènes où des chrétiens furent livrés aux bêtes. »
Nous voici dégageant nos machines des pierres tumulaires et du terrain herbeux, et nous dirigeant du côté de l’amphithéâtre.
La nuit était claire, mais le sol baignait dans une ombre assez épaisse.
Le chemin conduisant à la cathédrale fut franchi et on monta dans le champ voisin dont le terrain était mamelonné.
Soudain, une lueur pâle, comme celle d’un feu follet, perça l’obscurité. Cette lueur grandit assez rapidement. Elle s’élargit, sans toutefois augmenter d’intensité ; puis au même instant, enveloppant la lueur, un cirque peu étendu formant trou noir.