C’était ce chantonnement monotone et bizarre, si connu à Paris, en Europe, partout, depuis quelques années et qui caractérise les Orientaux dans leurs divertissements.

— Quoi ? qu’est-ce ? demandai-je en entendant ce petit concert nocturne.

— C’est, répondit un de nos voisins, un café maure.

Ainsi se nomment les restaurants ou cafés arabes.

— Ils sont en train de prendre leur café ; vous pouvez aller les voir, les Arabes : vous ne serez pas mal reçus.

Van Marke et Perrin étaient sur leurs chaises, dans une béatitude que tout mouvement de leur part eût risqué d’interrompre ; on les laissa donc et on se rendit au café maure, madame Mayeur en tête.

Il n’était pas éloigné de plus de vingt mètres de notre véranda.

Sur le devant de la porte, formant cercle, très pressés, des Arabes. Ils n’avaient pu entrer, et ils se tenaient là, écoutant les sons venus de l’intérieur. On refusait du monde, paraît-il.

A notre vue, voici que le cercle s’entr’ouvre. On nous fait place.

A l’intérieur, une petite pièce rétrécie, aux murs nus et sales ; cinq à six mètres carrés, au plus. Le sol, carrelé, des carreaux jadis rouges, devenus d’un gris visqueux. Dans un recoin, un fourneau de briques, pour le café.