Quelques minutes après nous être embarqués à nouveau sur la grande route, Beni-Mansour nous apparut. Bonne idée de n’avoir pas poursuivi notre chemin. Beni-Mansour, sur une hauteur, à notre droite, n’était qu’un rassemblement irrégulier et misérable de quelques gourbis, comme nous l’avait annoncé l’Arabe.

De nouveau, je l’ai dit, nous accomplissions au départ de Maillot le mouvement exécuté déjà à Ménerville, on laissait la direction de l’est pour replonger droit vers le sud. Circonstance assez curieuse : la même particularité géographique des lieux se reproduisait. De même qu’après Ménerville on avait passé les gorges de Palestro, ici, après Maillot, on allait franchir les Portes de Fer.

C’était une gorge plus rétrécie encore, mais extrêmement courte, d’où son nom de Portes, très bien choisi d’ailleurs, comme on va le voir.

A ce propos, voici quelques lignes extraites d’un récit de la conquête de l’Algérie.

« Après la prise de Constantine, le général Valée fut nommé maréchal et gouverneur de l’Algérie. Pour ôter aux Arabes toute idée de soulèvement, il fit, en compagnie du duc d’Orléans, la célèbre promenade de 1839, à travers des plaines inconnues et des défilés étroits, redoutables, par où n’avaient jamais passé les Romains. L’armée franchit les Portes de Fer, gorge dangereuse, entre les provinces d’Alger et de Constantine, et revint à Alger par le Hamzad. »

On avait longé des massifs montagneux, depuis une heure à peine, quand M. Mayeur nous dit : « Nous voici aux Portes de Fer. »

Devant nous, brusquement, la route tournait, se dirigeant en plein sur le mont qui courait à notre gauche. Quand on eut passé ce tournant, on vit quoi ? Une ouverture ? Non, car nous avions devant les yeux deux pans de montagne disposés comme deux décors, l’un avançant sur l’autre et dissimulant le passage aux regards comme sur une scène se trouvent dissimulées les sorties aux yeux du spectateur.

Nulle ouverture donc ne se montra et nous avancions vers la montagne quand, de nouveau, M. Mayeur nous dit : « Regardez donc, là-haut, le capucin qui va nous ouvrir les Portes de Fer.

— Comment, comment, dis-je, on va nous ouvrir les portes ? Elles sont donc fermées ? Ah ! ça, quel genre de portes est-ce donc là ? Serait-ce, comme au cours de mon voyage à Milan, la porte du tunnel qui nous fut ouverte au sommet du col de Tende ?

M. Mayeur, souriant, répondit :