«—Mais, mon pauvre Suberbie, m’écriai-je, vous perdez votre temps, vous savez bien qu’il est interdit de se mettre un objet matériel sous la dent avant six heures et demie. Allons! allons! disparaissons!»
Encore une fois, nous prenons nos machines et nous voici défilant de nouveau. On eût dit une scène du Chapeau de paille d’Italie de cet inénarrable Labiche.
Quelqu’un de la troupe émet une idée:
«Si nous allions au buffet de la gare.»
L’idée est saisie au vol.
—C’est cela, au buffet de la gare, lui répond le chœur des affamés.
Nous arrivons au buffet. Je me trouve à ce moment un peu en arrière du peloton, je me présente juste à temps à vingt mètres de la porte pour voir un garçon sortir et s’écrier, en s’adressant au premier de mes compagnons qui a essayé d’introduire sa machine dans le couloir précédant la salle à manger: oh! mais, pas de bicyclette ici, il n’y a pas de place.
—Où voulez-vous que nous les mettions?
—Où vous voudrez, mais pas ici.
Alors, mon exaspération arrive à son comble. Je m’écrie: «Quel pays d’enragés! Allons-nous-en, les amis, suivez-moi, comme dans Guillaume Tell. Fuyons, fuyons.»