Willaume, après l’opération, fit, sur mon conseil, une nouvelle tentative. Pour la dernière fois il essaya d’absorber un liquide réconfortant.

Mais tout est décidément inutile. Toujours les traits étirés, pâle et défait, il éprouve des nausées chaque fois qu’un mets quelconque est approché de sa bouche.

Les entraîneurs sont prêts. Quelques minutes avant de partir, l’un d’eux me dit:

—Plusieurs routes conduisent à Bar-le-Duc, avez-vous une préférence pour l’itinéraire?

—Absolument aucune. Conduisez-nous par le chemin le plus court et le meilleur, voilà qui est net.

—Très bien, vous n’avez qu’à nous suivre. Deux d’entre nous vont marcher en avant; ne vous occupez de rien.

Et l’on se mit en route. La nuit était d’un noir d’encre. Je sondai l’horizon du regard. Pas la moindre clarté lunaire, pas la plus infime lueur sidérale.

Deux de nos compagnons étaient heureusement munis de lanternes. On les suivit et, dans le silence profond de la nuit, troublé seulement par le frôlement de nos machines, on roula vers Bar-le-Duc.

Nul incident ne signala notre marche.

De temps à autre, un de nos compagnons, venus de Bar-le-Duc à notre rencontre, nous indiquait les pays traversés, avec un accent méridional des plus caractérisés. Je le questionnai sur son pays d’origine. Il était de Mont-de-Marsan. Coïncidence assez curieuse et qui me fit lui rappeler la cordiale réception qui m’avait été faite dans cette ville, lors de mon voyage en Espagne.