Un instant je craignis que l’adversaire ne se déclarât satisfait et ne s’attribuât la victoire; mais non, il voulait le triomphe complet: «Heup! heup! cria-t-il en assommant sa bête à coups de fouet.»
Mais nous gravissions la côte à l’allure, je l’ai dit, de près de trente kilomètres à l’heure.
C’était la fin. Le bruit du galop soudain diminua, puis, s’effaçant peu à peu, devint imperceptible. Je n’avais plus qu’à crier à Marcellin: «Ralentissez!» En un clin d’œil les retardataires nous avaient rejoints et nous rapportaient des nouvelles de notre victoire.
«C’est fini, dirent-ils, le cheval est fourbu. Il s’est arrêté, et refuse d’avancer.»
La victoire nous restait, avec un seul regret, celui d’avoir crevé le malheureux animal, que son maître avait voulu lancer dans une lutte évidemment impossible.
Le bataillon reconstitué avait repris sa marche en avant, quand un nouveau bruit se fit entendre.
—Ah çà! on veut donc notre mort? On est encore à notre poursuite!
Ce n’était plus un cabriolet mais toute une cavalerie qui cette fois arrivait à grande vitesse derrière nous.
Pour ma part, j’étais calmé par notre première victoire, puis je ne voyais nullement la nécessité de continuer ces luttes qui, tout bien considéré, ne nous menaient à rien et pouvaient à la fin nous briser les jambes.
—Ouvrez les rangs, dis-je à mes compagnons, et laissez passer les cavaliers.