Une petite scène assez amusante devant la loge du concierge; nous étions quatre: Chalupa, Blanquies, Willaume et moi. Nos costumes étaient, hélas! moitié cyclistes, moitié civils, et ils se ressentaient de l’état de l’atmosphère. Je prends tout de suite la parole et je dis au concierge:

—M. l’ambassadeur de France est-il là?

Le concierge—il n’eût pas été un concierge d’ambassade s’il n’eût agi ainsi—nous dévisagea des pieds à la tête et nous dit: «Les bureaux ferment à trois heures, revenez demain.»

Je reprends sur le ton d’un homme qui s’attendait parfaitement à la réponse du cerbère:

—Je ne vous demande pas les bureaux, je vous demande: M. l’ambassadeur est-il là?

—Je ne sais pas, mais il y aura peut-être son secrétaire.

—Je ne désire pas voir son secrétaire, encore une fois; je vous demande M. Lozé.

Un huissier se trouvant là, je lui tends ma carte et je lui dis simplement: «Voulez-vous aller voir si M. l’ambassadeur peut me recevoir?»

Inutile d’ajouter que l’huissier revint deux minutes après, me disant: «Voulez-vous monter? Monsieur l’ambassadeur vous attend.»

Je fis signe à Willaume de me suivre, et après quelques secondes à peine d’antichambre, M. Lozé nous reçut avec la plus parfaite cordialité.