— Faut-il lui écrire ?… ne pas lui écrire ?…

Machinalement il se rassit devant le piano, où il plaqua quelques accords. Il était affalé. Une paresse l’avait pris, comme une fatigue, après l’effort de tout à l’heure.

La pendule sonna quatre heures… il était temps de se préparer…

Il eut un ressaut d’énergie ; il chassait l’idée ; mais il hésitait.

— Soit ! se dit-il, je vais sortir ; j’ai besoin de marcher, de prendre l’air ; cela me fera du bien.

Il passa dans son cabinet de toilette, mit une jaquette, un pardessus, chercha un chapeau ; il regarda dehors ; le temps restait beau ; il prit une canne ; d’un coup d’œil il vérifia sa toilette, ouvrit la porte, et sortit.

— J’ai besoin de prendre l’air, j’ai besoin de prendre l’air, se disait-il.

Il descendit le boulevard Malesherbes ; il tournait le dos à la rue de Châteaudun. Il allait en rêvassant, et, à certains instants, par sursauts, il se ressaisissait :

— Il faut être fort. C’est le gage que je dois me donner à moi-même.

Près de la Madeleine, il se laissa distraire par un encombrement de voitures, un cheval d’omnibus tombé, un rassemblement, les jurons du cocher, l’empressement bruyant du conducteur. Et il prit les boulevards, remontant du côté de l’Opéra.