Tout à coup, brusquement, il se dit qu’il était seul, seul toujours, seul à jamais ; et il se trouva malheureux et pitoyable. Une grande tristesse le poigna. Il s’écria tout haut.

— Il n’est pas bon que l’homme soit seul. Mais où trouverai-je celle, semblable à moi-même, qui serait le but de ma vie ?

A travers la merveilleuse harmonie qui l’entourait, il revint, lentement, dans une songerie mélancolique. Au moment de rentrer, pourtant, s’étant arrêté sur les marches du perron, la beauté de la nuit lumineuse reprit sa jeune âme ; de nouveau, il admirait et se laissait caresser par la clarté lunaire, et il s’attardait sur la balustrade de pierre, tandis que, derrière lui, toutes les fenêtres s’étaient éteintes.


Marcelin s’est couché ; et, avant de s’endormir, il rêve, en une sorte de demi-sommeil.

Il contemple la demoiselle du pastel.

Elle lui apparaît, infiniment douce et bienveillante ; il lui semble qu’elle lui sourit, de très loin ; et il se dit :

— Voilà celle qui a vécu pour moi.

Il pense que, si elle était là, elle l’entendrait, le consolerait, le secourrait.

— Avec moi elle viendrait dans ces bois, le long de ces ravins, dans ces plaines ; nous écouterions ensemble les oiseaux ; elle m’instruirait à les comprendre ; ils ne se moqueraient plus ; nous serions deux à regarder les nuages, à nous asseoir sur les talus solitaires.