On s’en fut au salon. Paule se mit au piano et joua des valses. Gustave faisait quelques tours avec sa sœur ou sa mère. Tout à coup Paule attaqua le quadrille de l’Œil crevé.
— Un quadrille ! hurla Gustave.
On se compta. Il y avait la mère, la sœur, lui et Marcelin. Il avait pris sa mère par le bras ; Marcelin vit que Julie était vexée de l’avoir pour cavalier. Il fut sur le point de s’excuser et de sortir.
— Allons, Marcelin ! fit gentiment madame Delannoy.
Ce fut un épouvantable chahut. Mais, dès la première figure, Julie commençait à plaisanter son cavalier ; elle affectait des airs graves en revenant auprès de lui. A la seconde figure, la mère en fit autant. Elle s’emportait, elle levait la jambe, elle répondait au cancan endiablé que menait le fils. A la troisième figure, Julie faisait à Marcelin des pieds-de-nez par derrière. La cousine Paule pianotait toujours, à moitié retournée sur le tabouret, et regardant la danse ; elle voyait qu’on se moquait du cousin ; elle riait de tout son cœur. Au galop, on voulut le faire tomber ; il affecta la tenue la plus correcte. Et ce fut fini.
Madame Delannoy eut pitié de lui ; elle l’appela, le fit asseoir près d’elle, le garda ; puis, elle le remit aux mains de son mari qui l’invita à jouer avec lui et M. Rigout ; il leur gagna vingt francs à l’écarté ; ce succès le réconforta un peu. La vieille cousine lui en fit honneur. Les autres étaient occupés de leur côté.
Il prétexta la crainte de manquer le dernier train et prit congé. En mettant son pardessus, il entendit les valses et les polkas qui continuaient de plus belle ; il avait presque envie de pleurer.
IV
Marcelin passa l’été à la campagne, dans la famille de son ami Charles Berty. Il goûta deux mois de cette vie animale où le manger est chaque jour la raison d’être, où l’on dort dix heures, où l’on engraisse. Il ressentit une joie, presque une délivrance, de rentrer dans son cher logis, à Paris.