Il commença à suivre les cours de l’École des Sciences politiques. La clientèle en était décidément de bonne tenue ; mais il n’y voyait guère de relations possibles. Et puis, cet esprit de républicanisme gouvernemental, d’opportunisme, était bien gênant ; mais peut-être que pour arriver à quelque chose, il fallait se faire républicain… Marcelin se disait qu’il avait le temps.


Il avait quelques relations dans le monde bourgeois. Une fois ou deux la semaine, il dînait en ville ; il faisait des visites à cinq heures ; il brilla dans des sauteries ; il allait quelquefois au théâtre. Tout cela n’était que distraction ; ce n’était ni un plaisir ni une occupation, mais une certaine façon de passer, de tuer le temps. N’importe ; il le fallait !… Que ferait-il seul chez lui, puisqu’il n’arrivait pas à trouver de maîtresse ?


— Il est probable, se disait-il, que je cherche mal ; je ne sais même guère où chercher ; peut-être encore est-ce qu’en réalité je ne cherche pas… Je ne fréquente pas dans le monde des théâtres ; non plus dans le demi-monde… je suis trop jeune, trop timide, je ne suis pas assez riche. J’ai horreur des filles. Que reste-t-il ? Me bercerais-je de l’espoir que quelque jeune femme comme il faut oubliera ses devoirs en ma faveur ? Non. Alors il ne reste que le hasard. La vérité est que je compte sur le hasard. Aussi, ça ne va pas vite.


Quand il traversait les rues, quand il allait par exemple à l’École ou dîner, ou faire visite, il coudoyait des femmes et des femmes, toujours d’autres, et il s’affolait que nulle d’elles ne fût celle qu’il attendait. Et il continuait son chemin, éternellement seul.


Il commit des horreurs. Ayant lu quelques romans où il était question de belles mondaines qui promenaient dans les églises leurs sens inassouvis, il s’avisa d’entrer à la tombée du soir dans les églises élégantes. Il faisait le tour des nefs, inspectant d’un œil discret les coins des chapelles, les prie-dieu.

Néant ou indignité.