Et, vers la fin d’avril, à la gare du Nord, il serrait les mains de son fidèle Charles. C’était fini ; il partait en Angleterre, y passerait quelques mois, de là reviendrait pour l’été à Dieppe, chez ses cousins Desruyssarts…
— En avons-nous fait, tout de même, des folies !
— Bonne chance là-bas !
— Je ne crois pas… Suis édifié… Au revoir.
TROISIÈME PARTIE
I
Un grand désir était venu à Marcelin Desruyssarts de revoir le vieux château familial, où depuis cinq années il n’était plus retourné. Son cousin Desruyssarts l’y avait encouragé.
— Il est incompréhensible, lui disait celui-ci, que depuis cinq ans tu n’aies pas voulu mettre les pieds dans ta propriété.
— Vous avez raison, mon cousin, c’est inexplicable.
Et Marcelin avait écrit au père Homo d’ouvrir le château, de mettre en état quelques chambres. On était aux premiers jours de septembre. Il quitta Dieppe seul, ses cousins devaient venir le rejoindre quelques jours plus tard. Il était parti très curieux de retrouver ses impressions d’autrefois ; la lenteur des trains, l’incommodité du voyage, la chaleur étouffante de l’après-midi le harassèrent ; il reconnut sans émotion la forêt, le parc, la maison, tels à peu près que son souvenir les avait gardés, et, aussitôt, il s’occupa de s’organiser. Il voulut se rendre compte, se fit mettre au courant, monta à cheval, visita ses fermes, s’intéressa à son nouveau rôle de gentilhomme campagnard.