— Non, mais j’ai été un peu malade, ces jours-ci : je le suis encore.
— Malade ?
— Oh ! rien ou du moins peu de chose…
M. Lethois soupira :
— Qu’y faire ? La vie est ainsi, on arrête des projets, on organise son lendemain : crac, le lendemain vous échappe et les projets sont à l’eau.
— Vous aviez des projets ?
Étonnée, Thérèse l’interrogeait du regard. Voyant qu’il ne répondait pas, elle poursuivit :
— Pour rien au monde, je ne voudrais être une cause d’ennui. Pourquoi, si c’est ainsi, n’avoir pas dit que je ferais mieux de remettre ma venue à plus tard ?
— Je m’explique mal, interrompit M. Lethois avec vivacité. Je voulais dire… enfin pardonnez-moi si je vous parais parfois un peu bizarre, préoccupé… Ce soir, par exemple, je devrai vous quitter tout de suite après le dîner. De même, il y a la maison. Elle est ce qu’elle est, c’est-à-dire très vieille, incommode, abandonnée. C’est tout juste si nous avons pu rendre le rez-de-chaussée habitable. On ne peut monter au premier, l’escalier est en ruines. Gardez-vous de l’aborder… Et le service ! Quelle confiance avoir, je vous le demande, dans une domestique qui vient à la vapeur, fait le nécessaire à la diable et n’a cure que de m’espionner ! Celle-là aussi vous débitera des romans : n’écoutez pas…
De plus en plus surprise, Thérèse dit simplement :