— Elle est si mal ! voilà maintenant qu’il faut que vous veniez la confesser.

— Moi ?

Il y eut un silence. Un atroce débat déchirait cette âme de prêtre.

— C’est bien, dit-il, j’irai…

Ensuite sa voix s’éteignit, sembla demander pitié :

— Mais pas tout de suite… non vraiment, tout de suite, je ne pourrais pas !…

VI

Ainsi, à la même heure, et sans qu’ils s’en doutassent, en des endroits si proches qu’ils auraient pu s’apercevoir, arrivants et habitants étaient pris tour à tour par la rafale commençante.

Seule, Mlle Peyrolles attendait encore la venue du destin, sans doute parce que seule aussi elle l’avait prévu redoutable. La veille, à force de volonté, elle était parvenue à se réfugier dans l’ivresse du revoir. Ni le désir de Marc d’expliquer sa venue, ni le nom de Thérèse Wimereux, ni de multiples dissonances marquant combien peu ils avaient le même idéal, n’avaient pu troubler cette félicité conquise. Aveugle et sourde, elle était restée obstinément dans la joie du présent. Mais, dès la nuit, quelle revanche !… et le matin, à l’annonce de la sortie de Marc, quelle crainte !

Droite sur la terrasse, Mlle Peyrolles surveillait maintenant la route. Successivement avaient passé devant elle Pontillac dans sa voiture, ce Jude Servin dont le voisinage, un autre jour, l’aurait exaspérée, des paysans qui saluaient, un homme venant de Revel : elle ne les avait pas aperçus. Une seule recherche l’absorbait, recherche éperdue de celui qui aurait dû revenir et qui ne paraissait pas !