— Faut-il ouvrir le salon pour « ces messieurs » ? interrogea Dorothée quand Mlle Peyrolles eut dit amen à haute voix.
— Non, ma salle de billard est plus fraîche. Dépêche-toi : souvent ils viennent avant huit heures.
La voix, impérieuse et masculine, fit sonner l’adjectif possessif.
Mlle Peyrolles se leva. Malgré l’âge mûr, elle avait conservé une taille élancée. Elle épingla un chapeau rond sur son chignon et se rendit au jardin qui, réparti en étages, descendait vers la route.
— Où est donc passé Jean ? reprit-elle, dès qu’elle fut sur la terrasse.
— Il est à la mare avec Petiton, pour remplir la comporte.
— J’avais pourtant bien dit qu’on mît une réserve d’eau à l’ombre ! Celle de la mare sera trop chaude !
Et mécontente que l’arrosage du soir ne fût point commencé, elle attendit le retour des jardiniers.
Elle allait et venait, regardant la plaine de Revel qui s’étalait, comme un tapis, dans l’or du couchant ; mais, dédaignant la beauté de la terre, elle ne songeait qu’à la sécheresse.
— Quelle année ! murmura-t-elle.