— Au secours ! au…

Roulant sur le sol, M. Lethois venait de perdre connaissance.

III

— Ah ! vous m’avez fait une jolie peur !

Agenouillé, l’abbé Taffin cessa de battre l’air avec son tricorne en guise d’éventail au-dessus de M. Lethois. Celui-ci, les yeux fermés, commençait de respirer à longs intervalles. A chaque coup, sa poitrine velue se gonflait comme un soufflet.

— M’entendez-vous ? reprit M. Taffin. Je vous dis que vous m’avez fait une jolie peur ! Où avez-vous mal ? Je crois que vous devez être sauf : quant aux voleurs, nous verrons plus tard. Aidez-moi d’abord à vous relever…

Pareil au boulanger qui tire la pâte, il s’efforça ensuite de redresser le buste de M. Lethois, mais le corps retombait, inerte et mou. Alors, découragé, M. Taffin essuya son front où perlaient de larges gouttes :

— Soit ! attendons encore…

M. Lethois, qui avait poussé un grand soupir, reprit son immobilité.

Il éprouvait une renaissance délicieuse. L’air lui arrivait librement aux poumons. Une seule chose le troublait : cette voix lointaine qui s’obstinait à le persécuter avec des mots dont le sens lui échappait. Où était-il, d’ailleurs, et pourquoi tant de légèreté dans ses membres ? Il lui aurait suffi, pour s’envoler, d’étendre les bras. Toutefois, ce geste aussi aurait pu détruire la bonne chaleur qu’il sentait fuser le long de ses artères, et cela, il ne le voulait pas. Il ne voulait pas non plus ouvrir les yeux. Cela encore répondait à une nécessité mystérieuse autant qu’inéluctable.