Mais refusant de le suivre dans ces métaphysiques vaines, prise de vertige, Mlle Peyrolles reprenait déjà :

— Réfléchissez ! Je trouve n’importe où, à Toulouse ou à Revel, une femme qui agonise dans la misère. Une aumône peut la sauver. Faudra-t-il qu’avant de donner mon argent, je m’informe si elle est mariée ou non et dans quelles conditions ? Sauvons-la d’abord. Après… après il sera toujours temps de faire mieux, si l’on peut !

Elle jetait l’argument, cette fois, d’une voix claire, sans se soucier de confession ni de prêtre ; simplement parce qu’il était humain, il lui semblait que grâce à lui la lumière allait revenir, la vie reprendre. Mais en même temps, cela répondait si bien aux raisons de M. Taffin que celui-ci aurait voulu empêcher les mots d’entrer et, une fois entrés, les chasser ainsi qu’on fait d’un oiseau de nuit fourvoyé dans une pièce.

Il eut un ricanement de mépris :

— Que d’intérêt pour une fille !

— De la pitié…

— Une pitié qui vous tient trop à cœur pour être désintéressée !

— Et quand cela serait ?

— Alors, pourquoi de si grands mots ? A tant faire que de sacrifier Dieu, mentir est inutile : dites la vérité !

— C’est très simple : je tiens à mon neveu.