— Laissons cela, murmura-t-il avec un geste évasif : faut-il que je vous conduise chez Servin ?

Et à ce rappel du mort, M. Taffin sentit de nouveau un voile de ténèbres l’envelopper.

— Merci, je connais l’endroit. D’ailleurs, on doit m’attendre…

Il dit « On doit m’attendre » comme il avait dit « J’irai », comme il avait dit encore « Vous devriez monter là-haut » pour obéir à une impulsion intérieure sans raison plausible. Il n’aurait pu parler d’autre manière.

Puis, son bref remords s’effaça. Il reprit son sac sur la banquette, esquissa un salut vers Marc décontenancé, et ne songeant plus qu’à la visite qui s’imposait à lui, se dirigea vers la ville.


D’abord, il marcha d’un pas rapide. Il avait peur de manquer de temps. Que deviendrait-il si, au retour et faute de s’être pressé, il ne trouvait plus de train pour s’évader ?

Il réfléchit ensuite, jugea cette impatience absurde :

« Dans une demi-heure, j’aurai terminé. Après… je monterai au hasard, dans le premier convoi qui passera… »

Ainsi, ce serait au hasard de décider la route ! Cette perspective le soulagea. Désormais, il pouvait s’occuper mieux du mort, être tout à lui.