Gardant toujours son petit sac à la main, mais ayant déjà l’attitude apaisée de ceux qui ne résistent plus, il s’engouffra dans la maison.
Montée dans l’escalier obscur. Une odeur balsamique régnait. A mesure qu’on approchait du premier, celle-ci, plus fade, prenait à la gorge. Même si l’on avait tout ignoré, rien qu’à respirer dans ce lieu, on eût compris que la mort y avait passé.
Était-ce la pénombre, ce parfum sinistre, ou simplement l’effet d’angoisse que donne aux plus indifférents l’approche de ceux qui ne sont plus ? M. Taffin maintenant avançait avec l’unique sentiment de la menace d’une perdition. Tandis que ses gros souliers battaient le bois des marches avec un bruit de marteau, l’âme aveugle et sourde, incapable de pressentir ce qui allait suivre, il semblait un automate. La minute où le hasard décide est toujours ainsi. On ne voit plus, on a cessé d’espérer. Tout s’efface dans la brume, même la forme humaine qui là-haut s’est penchée et s’efforce de voir le visiteur qui vient !
Soudain, une chose très simple, mais imprévue comme l’éclair dans la nuit. Plus tard, M. Taffin devait en revoir avec une prodigieuse netteté les moindres détails, mais sur l’heure, on aurait pu croire qu’il ne les aperçut pas.
Il entrait dans la bibliothèque.
Là aussi, l’ombre, des volets clos, et toujours l’odeur affreuse…
Tout à coup, une femme paraît. Surpris, M. Taffin balbutie :
— N’est-ce pas ici, Madame, par où il faut passer ?
Mais, la femme, au lieu de répondre, approche. De toutes ses forces, elle cherche dans sa mémoire où elle a vu ce prêtre. Une lueur éclaire enfin son visage. Puis d’une voix sourde :