Il fit claquer sa langue :
— … Le reste, c’est des choses qui ne sont pas.
La même chose que Thérèse avait pensée tout à l’heure, quand elle avait décidé de chercher Jude : presque les mêmes mots.
Cette fois d’ailleurs, le Pêcheur osait enfin la regarder bien en face. Il semblait inconscient de son extraordinaire audace. Bien qu’il eût envie de crier, pas un muscle de sa face ne décelait sa torture.
— Encore un coup, Pêcheur… balbutia Thérèse.
— Laissez donc ! quoi de plus bête que de lanterner ! Vais-je tourner dix fois ma langue avant de me dire : « Pêcheur, la vadrouille recommence ! » Non ! je sens que ça me démange, je tends le jarret et bonsoir la compagnie ! Vous l’aimez… y vous aime… Eh bien, à la bonne franquette ! on le dit et on s’embrasse… d’autant que…
Les mots encore s’arrêtèrent dans sa gorge ; Thérèse cependant n’essayait plus de l’interrompre.
— … D’autant que, maintenant que sa boutique est rissolée, faut bien qu’une autre lui souffle de la rebâtir !
Le bâton du Pécheur pointa l’usine :
— Tenez, il est là-bas ! Je l’y ai vu… L’air d’un charbonnier qui mesure son tas… Mauvaise affaire, un homme qui pleure… Est-ce que j’ai jamais pleuré, moi ? Y vous attend, sûr comme j’existe ! y vous attend pour rebâtir !