Tout à coup, Dorothée accourut.

— Mademoiselle ! les voici !…

— Ah ! mon Dieu !… Comme ils sont en avance !…

Ils étaient deux.

M. Lethois, petit homme à cheveux gris coupés ras, paraissait avoir soixante ans. Insignifiant, il avait des traits réguliers et des gestes affectés. Il était venu à Montaigut sans raison connue. En son temps, cette installation d’un Parisien avait intrigué violemment ; puis, les pires curiosités s’émoussant à la longue, on n’y avait plus pensé. Il habitait, au bas de la côte, une maison louée à l’année, se faisait servir par une femme de journée et ne possédait aucune attache avec la terre. Pas d’autre distraction pourtant que d’errer à travers champs. M. Lethois surveillait donc les cultures comme s’il y était intéressé. Souvent aussi, il ramassait des insectes.

A l’inverse de son compagnon, M. l’abbé Taffin avait les joues pleines, le nez gai et le sourire constant d’un chérubin. Bien qu’il professât une dévotion très vive pour sainte Letgarde, patronne de Montaigut, il passait pour manquer d’assiduité aux conférences. Mlle Peyrolles disait parfois qu’il avait de la modération dans le zèle. M. Lethois l’accusait d’être libéral. Tous s’accordaient à le trouver candide.

— Nous vous dérangeons, dit-il, voyant Mlle Peyrolles monter en hâte à leur rencontre.

— Pas le moins du monde. On arrosait mes fleurs : c’est presque terminé.

Tous deux se récrièrent :

— Achevez !