— J’apprécie votre tact, me dit-elle ; il est excellent que vous soyez devenu l’ami de mon fils. Dans quelques années, je tâcherai de lui trouver la compagne qui me remplacera près de lui et ma tâche sera terminée.

— Pourquoi vous remplacer ? répliquai-je en riant : je vois très bien René trouvant à Semur une femme charmante, et vous-même ravie de diriger deux enfants au lieu d’un.

— A Dieu ne plaise ! s’écria-t-elle. René, seul, choisirait au rebours du sens commun. Et puis… ce n’est pas pressé…

A défaut du ton qui s’efforçait de rester plaisant, l’expression du visage devenu fermé en disait long sur ce manque de hâte.

— De quoi parlez-vous donc ? dit René s’approchant de nous.

— De votre prochain mariage.

— Oh ! fit-il à son tour, d’un air comiquement effrayé, n’envisageons pas toutes les catastrophes : Chasseloup, par bonheur, n’a pas d’héritière.

Madame Manchon répliqua :

— Quelles que soient les héritières de Semur, aucune ne vaut qu’on s’y arrête : n’oublie pas que, dans six mois, tu reviendras ici…

Les derniers mots de René, en me quittant, furent :