— Quelle est cette plaisanterie, et pourquoi n’aurais-je pas lu mon acte de naissance ? En souhaitez-vous un double ?
M. Valfour saisit les mains de René :
— Ainsi vous l’avez lu… ce qui s’appelle lu… et vous n’y avez rien remarqué de particulier ?
— Comptiez-vous par hasard sur la mention : père et mère inconnus ?
Alors, subitement changé, la face éclaircie, l’abbé acheva d’attirer à lui René. Il soupirait, il riait, il retrouvait la bonté de la Providence :
— Ah ! mon enfant !… mon cher enfant !… quel poids vous m’enlevez ! Et puisque vous avez cette pièce chez vous, de grâce courez la chercher. Je me charge d’éclairer tout… Après cela, madame Traversot…
Mais René se dégageant, coupa la phrase :
— Je vous demande pardon, mon cher abbé : pourrai-je savoir auparavant quel rapport imprévu existe entre mon acte de naissance, madame Traversot, et le motif qui, au dire de celle-ci, interdirait à ma mère de jamais paraître ici ?
Tout entier à sa joie de retrouver une situation correcte, là où il avait redouté la pire aventure, M. Valfour rit encore :
— Quant à cela, inutile de vous en battre les oreilles : l’essentiel n’est-il pas que madame Traversot revienne sur son sentiment ? et dès lors que j’en fais mon affaire…