On atteignit ainsi le huitième jour.
Le récit que j’en ferai vous paraîtra sans doute plus obscur encore que celui de Duclos ; mais, rassurez-vous, il s’éclairera dans peu d’instants.
Ce huitième jour, donc, René se rendit à la banque, à l’heure du matin habituelle et, à tout hasard, recourut dès l’arrivée à la précaution des faibles, qui est de tenter de se dérober au danger.
— Mademoiselle Lormier se présentera peut-être, dit-il au gardien de bureau Broquant. Dans ce cas, conduisez-la chez M. Chasseloup ; je ne veux pas la recevoir et n’y suis pour personne.
A onze heures, rien n’avait encore troublé le travail coutumier. Chasseloup et René prolongeaient une conversation que la venue d’un chargement interrompit à peine.
D’ordinaire, quand Chasseloup recevait des billets, — fait assez rare, — il s’empressait de les envoyer au caissier ; mais, ce jour-là, entraîné par ses propos, il mit machinalement à côté de lui la liasse de dix coupures de mille francs retirée de l’enveloppe.
Vers onze heures et quart, quelqu’un frappa à la porte. René crut que Broquant venait annoncer mademoiselle Lormier. Il se trompait : c’était le teneur de livres, amené par un incident d’écritures.
— On ne peut s’en tirer sans les livres eux-mêmes, dit Chasseloup après avoir suivi l’exposé des difficultés rencontrées ; descendons. Venez-vous, La Gilardière ?
Mais René qui ne se souciait pas d’errer au hasard dans la maison, s’excusa :
— Encore une lettre à finir : je vous rejoins dans une minute…