Décidé à en avoir le cœur net, je risquai le tout pour le tout :
— Et d’abord, déclarai-je, vous avez eu jusqu’à présent recours à des noms de fantaisie. Abattons les masques. J’ai cru reconnaître madame Manchon, et M. Lormier : ils se nomment en réalité, madame Z… et M. X… Est-ce une erreur ?
Tinant et Duclos eurent la même exclamation :
— Quoi ! toi aussi…
La preuve était faite.
— Inutile d’insister. Reprenons donc la convention qui a prétendu cacher les personnalités véritables ; et puisque vous réclamiez une conclusion, écoutez celle-ci, qui ne sera pas la mienne, mais bien la leur, telle du moins qu’ils l’ont tirée en ma présence, il y a quelque trois ans.
— Impossible !
— Jugez-en…
*
* *
En décembre 1914, je dus revenir à Versailles pour un long congé de convalescence. Incapable de supporter une complète inaction, je me mis à la disposition d’une œuvre locale dite « La Recherche du Soldat » et qui avait pour objet de fournir aux familles des renseignements sur les soldats disparus.