— Quel notaire ?
— Le mien… cela va de soi.
— En vérité, cher monsieur, vous me voyez tout à fait dérouté. J’ignore qui est votre notaire. Personne ne m’a jamais parlé de vous. Si donc vous désirez que je sache quelque chose, c’est à vous de me l’apprendre.
Il parut réfléchir.
— Soit… je vous crois…
Son visage parut ensuite se détendre. A coup sûr, sans savoir de quelle manière, je venais de dissiper en lui une prévention dernière, demeurée en dépit des protestations qui avaient précédé.
— A défaut du notaire, ce sera donc moi qui vous mettrai au courant, reprit-il d’un ton plus libre. Je vous ai avoué, l’autre jour, que j’avais jadis rêvé la fortune pour ma fille. Admirez l’ironie de la vie : je viens d’apprendre que cette fortune existe et qu’il est inutile de la conquérir. Grâce à ma femme, qui s’occupait de tout sans me rien dire, nous sommes riches, trop riches, et non seulement je n’en éprouve aucune satisfaction, mais je tremble… au point de vous supplier, si le bruit en courait, de vouloir bien le démentir. Pour tout le monde, Geneviève doit rester pauvre.
Il n’exagérait pas : il tremblait, en effet.
— Et pourquoi ce mensonge ? murmurai-je interdit.
— Pourquoi ?… parce que si Geneviève se marie un jour, — ce qui est possible et je ne songe pas à m’y opposer, — je ne veux pas ajouter, aux risques courus normalement, celui d’un calcul intéressé chez l’homme qui me la prendra.